LE DOSSIER FILMS DE LOUP-GAROU

Lors de notre podcast numéro 9 consacré au premier épisode de Buffy mettant en scène un loup-garou, nous avons souhaité revenir sur la représentation de ce mythe au cinéma. Nous avons pu ainsi établir les codes du genre, les figures imposées qui en découlent et qu’un bon film de loup-garou doit forcément faire apparaître. Le premier de ces codes est une relation étroite entre désir sexuel et bestialité, le personnage atteint de lycanthropie soit voit sa maladie développer chez lui une ardeur sexuelle insoupçonnée (Wolf 1994, An american werewolf in London 1981…) soit utiliser ses instincts primaires de chasseur comme exutoire à une certaine frustration sexuelle (The wolfman 1941). Un autre passage obligé est la scène de transformation d’humain en monstre (celle de The Howling 1981 est magnifique de brutalité et de souffrance que la réalisation de Joe Dante et le maquillage de Rick Baker sublime). La transformation est suivie, généralement après une nuit d’orgie meurtrière, par la scène du réveil en pleine nature ou au milieu de la nature (un zoo dans le cas An american werewolf in London 1981). Enfin dernier code, le chasseur, qui peut également apparaitre sous les traits d’un policier menant l’enquête sur les morts suspects que le loup-garou sème derrière lui, ou même sous les traits d’un chien incroyable comme dans Bad moon 1996.

 

Une trentaine de films de loup-garou ont été visionné par votre serviteur pour en arriver à ces conclusions, en voici la liste. Néanmoins pour vous éviter de faire de même, vous trouverez pour chaque film une rapide critique mais surtout ils sont classés en trois catégories. Les films hors sujet, les films bof et les très bons films de loup-garou. Sachez enfin que cette liste n’est pas du tout exhaustive et que ce classement n’engage que moi, j’ai essayé de jugé les films selon l’exploitation qui était faite du mythe du loup-garou et forcément, un peu selon mes gouts personnels.

 

 

LES FILMS HORS SUJETS :

UN LOUP-GAROU OU UN TRUC QUI S’EN RAPPROCHE EST PRÉSENT DEDANS

MAIS C’EST PAS DU TOUT TRAITÉ OU PAS AU CENTRE DU FILM

 

THE_WEREWOLF_caratulaThe Werewolf
1956, de Fred F. Sears, produit par Sam Katzman, avec Steven Ritch et Don Megowan.

Une région montagneuse du nord des États-Unis, un type débarque dans une petite ville et bute un mec. Les bouseux du coin organisent une chasse à l’homme. C’est de la série B des années 50. Tout n’est pas super pro, un film very low budget comme la plupart des productions de Sam Katzman qui est célèbre pour ses films de genre et ses films avec Elvis. Un shérif dépassé par la situation, un savant fou qui fait des expériences très bizarres, de la nuit américaine pas crédible une seule seconde, des mouchoirs de chloroforme pour endormir les gens, on est vraiment à l’ancienne. Le make-up est rigolo sans être dingue bien sûr. Ça parle beaucoup de la traque du type, et bizarrement pas beaucoup du type lui-même. Même si on a quelque codes du genre comme la chasse à l’homme et la transformation, c’est vraiment beaucoup trop nul, on doit le mettre dans la case hors sujet.

 

 

51EMC9EMDGLDr Terror’s House of Horror
1965, de Freddie Francis avec Christopher Lee et Peter Cushing.

Six types qui ne se connaissent pas se retrouvent dans la même cabine de train. Un étrange professeur commence a leur tirer les cartes et leur raconter des histoires fantastiques. Le loup-garou n’est qu’une des histoires racontées et n’est pas trop détaillé donc à oublier.

 

 

61Cx6jUyxvL._SL1121_Wolfen
1981, de Michael Wadleigh avec Albert Finney et Diane Venora.

Dans ce film il y a aussi le Strickland de Retour vers le futur ! Toi même tu sais… Ça se passe a New-York, des meurtres bizarre, un flic vieux de la vieille est sur l’affaire. Film policier a l’ancienne qui parle en plus du rapport à la ville, au non respect de la nature, de l’animalité chez l’être humain avec les interventions d’une psy. Le réalisateur était un poil hippie, ceci explique peut être cela. Peu de dialogue, on joue sur l’atmosphère angoissante et sur le suspens. Il y a beaucoup de plans subjectifs loup, beaucoup trop. Pas du tout un film de loup-garou au final, d’ailleurs il n’y en n’a aucun dedans…

 

 

ladyhawke_afficheLadyhawke
1985, de Richard Donner avec Matthew Broderick en mode prépubère et Michelle Pfeiffer.

On est au Moyen-âge, un petit voleur s’échappe d’une prison et se retrouve au milieu d’une querelle amoureuse fantastique entre un méchant évêque et un gentil capitaine pour le cœur d’une belle princesse. Dès le début il y a de nombreux indices pour nous faire penser que le film est une grosse bouse comme par exemple la musique 80’s a fond a base de synthétiseur et de rythmes funk alors que pour rappel, on est a priori plutôt sur une thématique héroic fantasy. Et puis par la suite ça se confirme : c’est bien une énorme bouse, tout est mauvais, du montage à l’étalonnage, en passant par le scénario, les cascades et les effets spéciaux. Et en plus on est un peu loin du loup-garou, c’est juste un type qui se transforme en loup tout court la nuit mais sans bouffer les gens donc aucun intérêt.

 

 

silver-bullet-1985Silver bullet
1985, de Daniel Attias (qui a réalisé deux épisodes de Buffy : Crush (514) et Shadow (508)) avec Gary Busey et Everett McGill.

C’est écrit par Stephen King et il y a aussi Terry O’Quinn dedans avec des cheveux (le John Locke de Lost pour ceux qui ne suivent pas). Rick Baker est dans le coup donc les maquillages sont très très cools et le loup-garou est top. Il y a une description de la société américaine moyenne, les problèmes d’alcool de la moitié de la population, les gens qui se regardent les uns les autres, le maire et le shérif un poil dépassés en mode Jaws face aux réactions irrationnelles de la foule. Il y a aussi les gamins (c’est l’époque The Goonies, E.T donc c’est à la mode). Le loup-garou est très peu présent et pas du tout au centre du film, ce sont les gamins et les habitants de la petite ville les personnages principaux. C’est donc pas vraiment un film de loup-garou. Pas terrible au final.

 

 

51VNEXJYPGLTeen Wolf
1985, de Rod Daniel avec Michael J. Fox et James Hampton.

Un ado nul en tout découvre un jour qu’il est loup-garou, mais attention c’est une comédie donc c’est pas du tout un loup-garou qui bouffe des gens, il est juste méga poilu, plus fort, plus rapide… Du grand Michael J. Fox, il est incroyable en mode toujours à la masse. C’est une high school comedy gentillette rien de plus. C’est après Evil Dead et Star Wars, le film préféré de Clément.

 

 

imgresLe Pacte des loups
2001, de Christophe Gans avec à peu près tous les acteurs français bancables de l’époque.

Une grosse bête bouffe des gens dans le Gévaudan. Le chevalier jet-setteur Le Bihan et son fidèle équipier crying Dacascos freeman mènent la chasse. Superproduction made in france avec de la bagarre gratuite, des gros sabots naturalistes, l’irremplaçable Jean Yanne, une enquête à la Maigret, beaucoup trop d’effets de genre et Monica Bellucci au sommet de son art. Ici les méchantes bêtes ne sont pas dans les forêts mais bien dans les jolies salons de la noblesse et du clergé du 18ème siècle qui prennent cher dans ce film. Un divertissement ambitieux mais qui n’est pas vraiment un film de loup-garou donc on oublie.

 

 

31TH20BLlLLUnderworld
2003, de Len Wiseman avec Kate Beckinsale et Scott Speedman.

C’est la guerre entre les loups-garou et les vampires, ça canarde de partout, ça n’a ni queue ni tête (embêtant pour un mix vampire/loup-garou), ça ressemble plus à Matrix qu’à Twilight mais avec aucun des bons côtés de chacun des deux. À oublier, sauf si comme Riley on est fou amoureux de Kate Beckinsale.

 

 

imgres-1Van Helsing
2004, de Stephen Sommers avec Hugh Jackman et Kate Beckinsale.

C’est construit comme un James Bond, le scenario n’est que prétexte : tous les enjeux du film sont balancé en 30 seconde par le M du Vatican. Le loup-garou tout en images de synthèse est très moche et il ressemble au loup Tex Avery. La réalisation fait mal au crâne. Vraiment mauvais et surtout aucun intérêt pour le loup-garou.

 

 

imgres-2Cursed
2005, de Wes Craven avec Christina Ricci et Jesse Eisenberg.

Le mythe du loup-garou a la sauce Kevin Williamson (scénariste de Scream, I know what you did last summer, également créateur de la série Dawson’s Creek). Ça donne, des lycéens mordus, le milieu du cinéma hollywoodien écorché et le décor du lycée de Torrance (que les fans de Buffy connaissent bien) une fois de plus utilisé pour des évènements étranges. La même mécanique que Scream est utilisée sauf que le costume de loup-garou a remplacé le masque de tueur, sinon tout est pareil, en moins bien forcément. Wes est un très grand réalisateur, ce n’est plus à prouver, il fait sursauter comme personne, après son loup-garou est assez moche, dommage. Attention copiage ! La scène Larry / Xander de phases est honteusement plagiée dans ce film : scandale ! Tout est misé sur les fausses pistes et les surprises. Il y a plein d’acteurs rigolos qu’on aime bien mais ça va pas du tout, c’est du grand n’importe quoi, le mythe du loup-garou n’est pas du tout exploité, la scène de transformation est très très vilaine. La musique de Marco Beltrami fait parfois illusion mais jamais très longtemps. Enfin à noter que pour une fois Williamson ne fait pas trop mention de sexe et c’est bien dommage, c’est justement là que ça aurait été utile.

 

 

imgres-3Werewolf in a Woman’s Prison
2006, de Jeff Leroy avec Victoria Demare et Eva Derrek.

Attention c’est de la série Z dégueulasse, gros nanard filmé à la miniDV. À regarder uniquement pour se moquer et rigoler. Le générique de début est une blague à lui seul. Il a été fait par un enfant de 12 ans sur moviemaker je pense. Les flingues sont en plastique, rien n’est crédible, des acteurs aux décors en passant par le scénario. C’est un peu beaucoup érotique mais attention toujours grotesque : c’est la marque de fabrique. L’histoire : une nana fait du camping en Amérique du sud avec son petit copain, ils se font attaquer par un loup-garou qui tue le mec et la nana se retrouve en prison pour le meurtre du type après biensûr avoir été mordue par le loup-garou. Ça pompe un peu An american werewolf in London, on peut pas leur en vouloir, c’est la référence. Plus que jamais ici le lien entre loup-garou et sexe est extrêmement étroit, mais ça ne suffit pas, loin de là, à faire un bon film.

 

 

imgresBlood & Chocolate
2007, de Katja Von Garnier avec Agnes Bruckner (qu’on aime beaucoup à PBCG, en plus d’être très jolie elle fait des chocolats ! Une femme parfaite…) et Olivier Martinez (sur lequel on n’a rien à dire, désolé).

Une histoire à la Underworld/Twilight, les loups-garou sont une espèce de secte qui a ses règles et son histoire dont la personnage principale tente de s’émanciper. Nul, aucun intérêt pour le genre loup-garou et puis les gens se transforment en loup et non en loup-garou donc on n’aime pas. C’est donc pas du tout un film de loup-garou, mais c’est une romance sur fond vaguement fantastique car les codes du film romantique sont eux tous présents par contre. On a quand même un petit lien sexe bestialité car plus l’attraction augmente, plus le coté loup du personnage principal augmente. Et il y a aussi un personnage qui sur-joue sa bestialité car c’est un frustré sexuel dans sa vie d’homme ordinaire, personnage intéressant mais pas assez exploité.

 

 

imgres-1Twilight – chapitre 2 : Tentation
2009, de Chris Weitz avec Kristen Stewart et Robert Pattinson.

Une ado sort avec un gentil vampire plus vieux qu’elle et qui la quitte pour ne pas la faire souffrir, tiens tiens, déjà vu ça quelque part… Alors c’est un peu moins WTF que le premier Twilight, ils se sont calmé sur le sur-jeu, le sur-make-up, la sur-coiffure, les sur-costumes. On est moins au cœur de la vie adolescente et c’est dommage car c’est ce qui fonctionnait le mieux dans le premier, par contre c’est toujours autant du grand n’importe quoi dès que le film touche au fantastique. C’est une tentative de film de genre fait par des gens qui ne connaissent rien au genre. Bon il y a du Muse dans la B.O donc ça c’est un gros plus. Ici le loup-garou est un loup normal mais grand comme un cheval, tout en image de synthèse donc bof. La thématique loup-garou n’est pas du tout explorée et puis c’est long quand même, non ? Bref ce n’est pas un bon film de loup-garou.

 

 

imgres-2Red riding hood
2011, de Catherine Hardwicke avec Amanda Seyfried et Shiloh Fernandez.

C’est à gerber disons-le clairement. Ils en ont rien à faire du mythe du petit chaperon rouge et de tous les messages qu’il véhicule. L’histoire du loup et de la mère grand n’est qu’un prétexte pour faire une énième soupe romantico-fantastique sans aucun intérêt. La musique alternant le « Hans Zimmer style » et la pop à 3 centimes est hors sujet, les comédiens beau-gosses sont pathétiques, la mise en scène ridicule. Pour la subtilité on repassera, un film honteux qui n’égale même pas les pires programmes de la CW. À oublier.

 

LES FILMS BOF :

ILS TRAITENT DU LOUP-GAROU

MAIS ILS SONT PAS TERRIBLES OU PAS INNOVANTS :

 

imgres-4The curse of the Werewolf
1961, de Terence Fisher avec Clifford Evans et Oliver Reed.

C’est produit par la mythique Hammer. Ça se passe au 18ème siècle en Espagne (pourquoi pas…). Un mendiant viole une servante et le bébé qui né de ce crime est atteint d’une malédiction… Alors le loup-garou a des poils tout blanc, c’est un concept. Il y a aussi le principe que seul l’amour d’une dulcinée ou des proches peut empêcher le monstre de devenir monstre. On notera aussi la présence de la scène iconique des productions Hammer avec les villageois qui brandissent des torches à la poursuite de la bête. Après ça il n’y a pas grand chose de cool donc on ne le conseille pas vraiment.

 

 

imgres-5Cat People
1982, de Paul Schrader avec Nastassja Kinski et Malcolm McDowell.

Un frère et une sœur orphelins se retrouvent après des années sans s’être vu, le frère est assez bizarre… C’est plus une histoire de panthère-garou en fait, il y a les meurtres sanglants, la séquence de transformation (pas ouf mais elle est là), il y a aussi le lien entre transformation et sexe qui est central dans le film. Donc pas mal mais peut mieux faire.

 

 

imgres-6The Company of Wolves
1984, de Neil Jordan, avec Angela Lansbury et David Warner.

Une jeune fille rêve et se retrouve dans un conte où sa grand-mère lui apprend la vie à travers la confrontation à divers créatures et mythes. Selon la granny les loups les plus dangereux sont « Hairy on the inside ». Ça parle très clairement de l’éveil aux désirs sexuels chez les ados, les dangers, les peurs, les protections à prendre. Tout ça à travers des métaphores fantastiques dans une ambiance onirique. C’est anglais et ça se voit, très intelligent, très beau et plein de malice et de poésie. Pas mal du tout.

 

 

imgres-7Howling 2: Your Sister Is a Werewolf
1985 de Philippe Mora, avec Christopher Lee et Annie McEnroe.

À l’enterrement d’une jeune femme, un vieux type vient voir sa famille pour lui dire que la défunte est un loup-garou : génial. La musique est cool, c’est assez bien filmé. Il y a le côté société secrète qu’on avait déjà un peu dans le premier Howling mais là c’est poussé encore plus loin. Par contre les transitions dégueulasses à la Star Wars c’était pas nécessaire. Le film est pas mal du tout, il y a même des vampires à un moment ! Une scène très drôle en montage parallèle nous montre les loups-garou très chauds qui font des trucs à trois alors que pendant ce temps nos deux héros sont dans leur lit en train de lire et de préparer leurs armes pour la chasse. La sexualité débridée et l’animalité sont clairement imbriquées. C’est par moment un peu grotesque (comme les grognement de cochon que font les loups-garou par exemple) mais ça donne un côté frais qui ne se prend pas toujours au sérieux, c’est pas désagréable. La différence avec tous les autres films c’est qu’ici, aucun héros n’est loup-garou, tous les loups-garou sont les méchants et les héros humains doivent les combattre pour s’en sortir. Donc on a des personnages de monstres pas très intéressants car beaucoup plus bestiaux qu’humains. le maquillage pose aussi un gros problème, les loups-garou sont beaucoup moins bien fait que dans le premier Howling. N’est pas Rick Baker qui veut.

 

 

imgres-8Howling III
1987, de Philippe Mora, avec Barry Otto et Imogen Annesley.

Plein de choses dans ce film : la guerre froide, du found footage, un complot militaire, des minorités raciales qui vivent cachées, un scientifique à la recherche de son passé, le pape et même le futur… C’est chargé. Les make-up sont très moches mais drôle du coup. Ça se passe en Australie, une jeune femme loup-garou s’échappe du village de bouseux où vit toute sa famille de loups-garou et elle rencontre un bel assistant-réalisateur qui la fait jouer dans un film d’horreur. C’est méta ! Comme dirait Clément. Un film WTF comme on les aime mais un peu trop parfois. On y découvre même une nouvelle espèce : le marsupial-garou. Le conseil PBCG : à regarder pour rigoler en fin de soirée avec des potes.

 

 

imgres-9Wolf
1994 de Mike Nichols avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer.

Dans ce film on met en relation l’animalité du loup-garou avec la perte de virilité et d’énergie d’un type de la cinquantaine. Un mec mystique propose une amulette a Jack pour contrer les effets lycanthropiques comme dans The wolfman de 1941. Ici pas de transformation incroyable, juste quelques poiles en plus, des fausses canines et des lentilles : nul ! Film pas ouf, qui essaye de dire en gros que le monde des affaires c’est un peu aussi féroce qu’une lutte entre animaux sauvages, qu’il faut être un prédateur pour y arriver, ça c’est un peu cool mais tout le reste du film n’est pas intéressant.

 

 

imgres-10An American Werewolf in Paris
1997, de Anthony Waller avec Tom Everett et Julie Delpy.

Des étudiants idiots et américains font les touristes à Paris et l’un d’eux tombe sur Julie Delpy et forcément devient fan, comédie ultra potache au début. C’est intéressant de voir un petit parallèle avec Buffy dans le personnage de Serafine qui est une petite blonde que le grand américain va vouloir protéger alors qu’elle est beaucoup plus forte qu’elle n’en a l’air. Mais bon, le film est très en dessous de l’autre american werewolf, celui de Londres. En plus les loups-garou sont en images de synthèse et ça on n’aime pas du tout.

 

 

imgres-11Dog Soldiers
2002, de Neil Marshall avec Sean Pertwee et Kevin McKidd.

Dès le pré-générique on a le lien entre sexe et loup-garou car on y voit un couple se faire attaquer au moment ou ils commencent les choses sérieuses. Attention au montage d’épileptique qui fait très mal a la tête. On a des militaires, une forêt, une bête bizarre qui tue des mecs et des vaches. Tout ça joue beaucoup sur qui chasse l’autre, sauf que c’était 100 mieux fait dans Predator par exemple. Dog Soldiers avait néanmoins un budget boyau assez intéressant puisqu’on ne voit que ça et donc c’est plutôt pas mal.

 

 

imgres-12Wolfman
2010, de Joe Johnston avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins.

L’Angleterre victorienne, un type revient dans la ville de son enfance, pour les obsèques de son frère victime semble-t-il d’une très grosse bête. Remake de The wolfman de 1941, on y revoit donc le vieux manoir, les gitans, la boutique d’antiquités, le retour du fils prodigue et sa relation compliquée avec son père… Le monstre est assez cool, mi numérique, mi make up. On a tous les codes du genre sauf le rapport au sexe, car même si la jolie Emily Blunt ne laisse pas Benicio indifférant, la relation avec la bestialité n’est pas traitée. Au final un film sans grand intérêt, comme très souvent le remake n’est pas au niveau de l’original.

 

LES TRÈS BONS FILMS DE LOUPS-GAROU :

ILS ONT SOIT ÉTABLIS LES CODES DU GENRE,

SOIT LES ONT TRÈS BIEN UTILISÉS :

imgresThe Werewolf of London
1935, de Stuart Walker avec Henry Hull et Warner Oland.

Un botaniste fait des recherches au Tibet et se fait mordre par un loup une nuit. Il rentre à Londres pour montrer ses découvertes et ne va pas tarder a changer. Le maquillage est minimale mais assez flippant quand même. Dans cette version il y a un personnage féminin très fort (la meuf du botaniste infecté) et c’est intéressant de voir que plus Wilfred (le botaniste) hausse le ton et tente d’être autoritaire avec sa nana, plus elle se braque et l’envoie chier. Il y a déjà (1935) cette notion entre homme et femmes que les relations ne sont plus aussi hiérarchisées qu’avant et cela plonge notre personnage principal dans un énorme doute, comme vu dans le podcast #9. Il pense avoir un rival qui veut lui piquer sa femme et son coté bestial fait surface pour se ré-approprier la nana mais c’est l’inverse qui se passe, dès 1935, les femmes veulent des hommes sensibles et qui parlent de leur problèmes et ne veulent plus de grosses bêtes poilues traitant les femmes comme des esclaves.

 

51360BH1JKLWolfman
1941, de George Waggner avec Béla Lugosi et Lon Chaney Jr.

Un mec rentre dans sa ville natale après 18 ans d’absence, il rencontre une jolie blonde mais rencontre aussi des gitans très bizarres… Quand est évoqué la légende du werewolf, la nana explique au type ce que ça veut dire car lui ne le sait pas, le mythe n’est pas encore assez connu du grand public à cette époque. Plus tard dans le film, le père, le personnage de raison rationalise la légende du loup-garou en disant qu’elle symbolise la double personnalité des gens (le bien et le mal qui co-habitent dans l’âme de chaque être humain). Le traitement des personnages est super cool, surtout le personnage principal et ses rapports avec son père sur ce qui lui arrive. Le film est très intéressant, après c’est du 1941 donc ça sur-joue à mort, le maquillage de loup-garou c’est une grosse blague mais tout le reste est sympa.

 

imgres-1The howling
1981, de Joe Dante avec Patrick MacNee et Dee Wallace.

C’est l’histoire d’une journaliste traumatisée après une enquête sur un tueur en série. Un toubib lui conseil d’aller se reposer dans une espèce de communauté à la campagne et bien sûr ça va être encore pire. Il n’y a que des tarés et des évènements bizarres dans cette communauté et donc elle va flipper de plus en plus. Tout se passe autour d’une forêt étrange que la mise en scène rend presque vivante. Une référence est faite à The wolfman de 1941 que deux personnages regardent à la télé juste après avoir fait du sexe (connexion évidente entre désirs charnels et lycanthropie, il y en a beaucoup d’autres dans le film). C’est construit comme un slasher classique, un groupe isolé du monde extérieur, une héroïne au bord de la folie qui n’est pas prise au sérieux, des meurtres soit très stylisés soit ellipsés pour accentuer l’effrois de la découverte du corps). Le loup-garou ressemble pas mal a celui de Buffy (dans la saison 2), on vous explique pourquoi dans le podcast #9. Comme souvent dans les film de Dante, le make-up est parfait et ses monstres paraissent réels. C’est un excellent film de genre, la fin est sublime, à voir ou à re-voir. C’est personnellement mon film de loup-garou numéro 1.

 

imgres-2An American Werewolf in London
1981, de John Landis avec David Naughton et Jenny Agutter.

Deux jeunes américains font du tourisme en Angleterre et se font attaquer par un loup-garou. Le premier plan après le générique pose le décor, les mecs sont au milieu des moutons dans le camion, on ne les voit pas tout de suite, comme si ils faisaient parti du troupeau… Attention c’est une comédie ! Le film réussi a être un vrai film de loup-garou (la scène de transformation est géniale par exemple) et en même temps il porte le genre en dérision (référence à The curse of the werewolf de 1961, choix de musique à contre courant de ce qu’on a à l’image). Le développement de la lycantropie du personnage principal s’accompagne d’une hausse de son appétit sexuel et de visions des cadavres de ses victimes. Dans cette version du mythe du loup-garou, la métamorphose du héros représente sa culpabilité de ne pas avoir aidé son pote qui se faisait attaquer par une grosse bête. Et comme dans le film de la Hammer, il n’y a que l’amour de sa bien aimé qui peut le sauver. Super film.

 

imgres-3Bad Moon
1996, de Eric Red avec Mariel Hemingway et Michael Paré.

Surement pas un chef d’oeuvre mais clairement un coup de coeur pour ce film qui utilise super bien les codes du genre. Le lien entre sexe et bestialité est évident dès le début, un couple fait des folies sous la tente et c’est le moment que choisi la bête pour arriver et bouffer la nana. Par la suite le mec vivra reclus comme un moine comme pour éviter le contact des femmes et l’éveil de la bête en lui. Il y a aussi l’enquête sur les meurtres sanglants, la transformation (qui est très sale par contre il faut l’avouer). La subtilité est que le loup-garou n’est pas le personnage principal, non le héros de ce film c’est le chien ! « Tu t’appelles comme le chien ? » Oui Sallah on adore ce chien qui a tout compris depuis le début mais que personne n’écoute, ils sont cons ces humains… Le monstre de son côté n’est pas en images de synthèse donc pas mal mais pas aussi bien qu’en 1981, il n’a qu’une expression dans sa panoplie : celle qui fait peur. C’est aussi clairement un film fauché, la preuve : quasiment deux décors dans tout le film, à la fin on tourne un peu en rond. Le scénario est ultra simpliste mais fonctionne, le film est cool et on passe un bon moment.

 

imgres-4Ginger Snaps
2000, de John Fawcett avec Emily Perkins et Katharine Isabelle.

L’histoire se passe dans une petite ville de bouseux comme d’habitude, mais cette fois au Canada. Deux sœurs ados pas très bien dans leur peau, passionnées par la mort et les trucs glauques se retrouvent confrontées à un loup-garou. Puberté et bestialité sont ici étroitement liées et le sang fait la passerelle entre les deux (il dégouline quand la bête attaque et la découverte de sa perte périodique marque le changement du corps d’une des soeurs). Le thème principal est donc bien le corps qui se transforme à l’adolescence et les difficultés de l’accepter. C’est vraiment pas mal, les lycéens sont ultra cruels et crades c’est parfait. Un petit film sans prétention mais qui fait le job.

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